Un jeu avec Pulp

Un jeu avec Pulp

« Arrêtez lieutenant ! Je passe aux aveux. Foutu pour foutu… »

Pour quoi j’ai craqué pour Pulp Detective ? Pour  la promesse de l’ambiance sans doute.

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Du calme baby !

Le parti pris de la direction artistique m’avait accroché. Les cartes à jouer portent des dessins issus de couvertures de romans bon marché des années 40 ou 50.

Les femmes fatales au regard trouble, les indicateurs à l’air renfrogné, les hommes de main qui serrent le mâchoires, les victimes éplorées, les suspects à l’air sadique, tous ces stéréotypes mettent dans l’air une ambiance de film noir à 2 balles. « Ouais… 2 balles à bout portant. Ça ne pardonne pas, M. Marlowe. »

Chaque carte est de plus dotée, juste pour l’ambiance, d’un titre ou d’une punchline mystérieuse ou ambigue. Une petite compil ? « Standardiste, passez-moi la police ! » « Mariage égale meurtre« , « Je vous dirai tout, mais pas de noms« . L’ensemble illustration et  phrase n’influe pas sur la partie, c’est juste pour l’ambiance. Et c’est pulp !

Pulp : Magazine ou livre bon marché, composé de récits populaires (policiers, fantastiques, etc…), faisant de gros tirages aux États-Unis dans les années 20 et 30.

On sent l’odeur du tabac froid, les imperméables en plastique, les nuits trop courtes, le café trop vieux.

 Combo pour Columbo

Pour jouer, on utilise en fait les autres éléments présents sur la carte : des combinaisons d’icônes qui définissent un objectif à atteindre selon le moment de la journée. On lance des dés, on utilise des bonus si on les a acquis (le dé « Pègre » ou « Livreur de journaux »), et on essaie d’obtenir la combinaison d’ icônes demandée. Contrat rempli ? Un indice est acquis, ou un objet permettant un bonus est obtenu, ou bien la barre d’énergie augmente, et avec elle, le nombre de dés disponibles !

C’est raté ? Une heure de moins pour l’enquête ! Ou une baisse de l’énergie, la perte d’un objet, une emmerde quoi.

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May the jetons be with you !

Voilà comment se déroule une enquête, car il ne vous a pas échappé que le titre comporte le mot « détective ». « Excellent Agent Spécial Harvester. Je savais que je pouvais compter sur votre flair. » Et c’est l’autre aspect qui m’a attiré dans ce jeu.

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24 h : Jack Bauer le jeu.

Chaque affaire se joue en un nombre de tours (correspondant à une heure). Pour la résoudre, il faut trouver 3 ou 4 indices, et finir par affronter le méchant mystère qui se cachait jusqu’alors. Là aussi on a des personnages bien typés comme Platinum Kelly ou The Spyder. Typés mais esquissés : pour profiter de ce jeu, il est recommandé d’avoir un peu d’imagination pour se raconter une histoire en tirant des cartes et en lançant des dés…

Secouez-moi vos indics !

Les indices ne sont donc pas matérialisés, ne vous attendez pas à récolter des empreintes ou des photos. Vous savez que vous avez un indice, point.

Chacun des détectives ou des inspecteurs disponibles a un pouvoir spécial (relance de dé, pénalité amoindrie, etc).

Je définirai ce jeu comme un jeu de gestion des tirages de dés, pour optimiser les chances d’obtenir assez tôt des indices. Mais les cartes que l’on dispose en rangées superposées dessinent, avec le recours de votre imagination, les méandres d’une enquête qui ne se déroule pas souvent comme prévu. L’heure tourne, la pression monte, les (mignons) dés font de nous leur esclave. « Battez-moi le pavé les gars ! Quelqu’un a du voir quelque chose ».

Vous allez lutter contre le temps et l’échec pour réussir les contrats, avec des cartes, des dés, et des jetons, dans une ambiance assez unique. Mais vous n’allez pas vivre de filature, d’échanges de coups de feu, ni de compte-rendus de la police scientifique.

Les parties durent environ 30 minutes, et qu’en est-il de la rejouabilité ?

Avec la boîte de base, 3 affaires, 4 détectives, 4 policiers, 4 suspects, on a déjà des combinaisons variées, sachant que le jeu peut se jouer en solo, ou avec deux enquêteurs, associés ou adversaires. De plus les tirages et vos choix de cartes donneront des rebondissements jamais identiques.

En ajoutant la première expansion, « Acolytes, trahisons et super méchants », vous pouvez disposer de 4 affaires supplémentaires, 4 nouveaux enquêteurs, 4 méchants plus péchus, des acolytes qui vous donneront un coup de main, et des cartes trahison pour perturber vos enquêtes. Un système est fourni pour jouer les 7 affaires en campagne.

Tu vas parler ordure ?

Ce jeu est trouvable bon marché sur Okkazéo, car il semble que nombre de joueurs ont été déçus de leurs premières parties. J’ai pour ma part mis en place une règle perso, trouvée sur les forums de discussion de BGG. A chaque tour, après avoir tiré les 3 cartes, je regarde leur recto avant de choisir celle que je vais ajouter à mon histoire.

Todd Sanders, l’auteur du jeu, a lui prévu que ce choix se base sur la catégorie seulement de la carte. Cela induit un jeu quasiment en aveugle dans lequel le hasard a un poids trop important à mon goût, et d’après les échos, auprès de nombreux déçus.

Regarder ses cartes au moment de les sélectionner permet d’optimiser la réussite de votre tour selon votre équipement. Une stratégie sera alors possible… Tremblez criminels.

« Brenda ! Remets-moi un bourbon, et appelle l’inspecteur Weaver. Les affaires reprennent. »

 

 

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Des dés comme ça, vous en avez vous ?

 

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